Marotte & printemps

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J’ai une nouvelle marotte, avec le temps que j’arrive à chiper ces jours-ci : la vidéo. C’est un sacré défi, pour une taupe comme moi, d’essayer de bidouiller sans l’AF. Et puis la stabilisation avec un appareil photo, c’est parfois assez épique.

Alors je bidouille, j’essaye, je me plante. Je teste et je découvre. C’est encore très loin d’être passable à défaut d’être bon, mais je m’amuse et je me crée des souvenirs.

Au fait, ça ne sentirait pas un peu le printemps ?

 

Septembre, septembre

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Septembre, déjà ? Les arbres sont toujours aussi verts, l’eau est claire et le bleu répond toujours à l’appel. Septembre, pourtant. Ce mois si beau et plein de promesses, que j’attends toujours avec impatience. Une pause bienvenue entre l’été trop riche, et l’automne où l’on se replie sur soi. Septembre est toujours  riche de projets, même ceux que l’on traine depuis des mois. Les matins vifs, où mes mains froides se réfugient dans les poches, font courir des frissons le long de mon échine et emportent avec eux ma mauvaise humeur.

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C’est le mois des compotes de pommes ; le sureau est mort, et je surveille les châtaignes. Quelques champignons font leur apparition dans des coins d’ombre. Le vert domine, mais quelques fleurs subsistent encore.

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Je n’ai rien acheté pour ma rentrée, pas de nouveaux crayons ou de cahiers décorés. Pas même d’agenda, ou de calendrier. J’ai acheté une nouvelle selle, ça compte ?

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Je ne sais pas trop où tout ça va nous mener. J’écoute le bois craquer au soleil, en pensant aux réserves à faire avant l’hiver. Je ne suis pas certaine d’être mieux préparée que l’année dernière. J’ai du mal à me projeter, à faire des plans sur la comète. La seule chose dont je suis sûre, c’est que rien ne se passera comme prévu. Cette année est pleine d’échéances.

J’essaye de tirer la substance de chaque journée, chaque heure passée, à regarder dehors, à arpenter les allées d’un jardin qui a presque l’air présentable, ces jours-ci. Cette année.

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Je mets la moitié des chances de mon côté. Le reste servira pour plus tard, quand les jours raccourciront et que j’aurais froid ; je les brûlerais une à une, comme les dernières précieuses réserves de charbon.

Je ne sais pas d’où vient vraiment cette impression. Comme si l’année glissait, lentement, sur une surface lisse – comme si elle prenait soudainement de la vitesse. Comme lorsque le petit galop se raidit, devient plus fort, moins balancé, quand il m’embarque vers un horizon ouvert – et que je suis heureuse et paniquée à la fois. Ivre.

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Septembre, le 9, déjà. Une jolie journée de soleil à entasser dans ma collection de souvenirs. Puis viendra octobre, et ses feuilles mortes, ses journées de flotte, son ciel immense qui s’éloigne pas à pas, les nuages lourds, les premiers coups de vent, les vagues qui grondent derrière les rochers.

Cet automne sera celui de mes 30 ans. Peut-être qu’il est là, le glissement ? Rien qui m’inquiète, pourtant. Ce sera plutôt bienvenu, de rentrer dans une nouvelle décennie. Je les attends de pied ferme, ces années gagnées sur le néant.

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J’inspire à fond cet air vif, bleu et vert, aux odeurs de feuilles, d’iode et de nostalgie.