Du temps pour s’apprivoiser

Cela fait bientôt 18 mois que Simbad est à la maison. Quand j’y pense j’ai l’impression que c’était seulement au début du printemps, mais non ; c’était déjà l’année dernière. Une éternité. Et j’aurais mis la moitié de cette éternité ou presque à l’apprivoiser.

Je n’ai de conseils à donner à personne ; je peux juste raconter. Décrire les galères, les doutes, les envies de tout foutre en l’air, d’abandonner. Les petits moments d’espoir, les joies immenses nées de petits rien. Et les erreurs, les tas d’erreurs amoncelées au bord de la route. Peut-être que cela servira à quelqu’un ? Après tout – on apprend de tout, de tous, pas à pas.

Le cheval idéal, sur le papier

Avant d’acheter Simbad, j’ai fait quelques essais. Je cherchais un cheval plutôt grand, endurant, indépendant, capable de vivre au pré toute l’année, dans les 12 ans. Noir ou bai, si possible. Pas sur l’œil, sûr en extérieur. J’envoie des mails. Je fais quelques essais. Rien ne me plait vraiment.

Je tombe sur une annonce qui date un peu, mais j’envoie quand même un email pour ce poney qui ne correspond pas vraiment à mes critères. Un peu plus jeune, 8 ans, un fjord isabelle, rond comme une barrique. Je vais le voir. Il est obèse, fouille les poches et mord à l’occasion, pour voir si aucun sucre ne se cache dans nos poches. Il est taille poney : 1m40 au garrot à tout casser. Il est envahissant, aussi. Et ne sort pas seul. Mais il y a quelque chose qui me plait dans son regard. Je le trouve franc. Et j’aime le contact que j’ai avec sa propriétaire, qui souhaite le meilleur pour lui.

Un minuscule essai à la maison, une visite véto ok pour de la balade et du loisirs ; il débarque à la maison le 23 mai 2014.

grossimbad

Il flotte à torrent. On a clôturé le champ à la va-vite, et diminué la surface de moitié. Le temps a été si exécrable que je n’ai pas pu faucher l’herbe, et vu la hauteur, je crains la fourbure. Il fonce dans le champ, boulotte. Ne réalise pas trop pourquoi il est là, sans abri sous la pluie, mais semble plutôt accommodant. Le contrat est signé, c’est parti.

Un poney à la maison

Comme la plupart des cavaliers de club, je n’ai aucune expérience dans les chevaux. Aucune idée des soins à apporter, de l’éducation à donner. Les premiers jours je tâtonne, et je me laisse impressionner. Le sortir du pré devient une épreuve. Il a beau être petit, ce poney, il a une sacrée force, et m’embarque dans de remarquables sessions de ski sur herbe. Je le perds dans la vallée, même, où il s’en va au petit trot, et s’arrête heureusement chez les voisins.

 

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  Il ne me fait pas peur, il a un bon fond ; mais je n’arrive pas à contrôler. Je ne connais pas les gestes, je ne connais pas les limites. Je ne sais pas trop à qui poser mes questions. Je passe mon temps à lire des ouvrages spécialisés, des blogs, des témoignages. Je fais des essais, pour me faire apprécier de lui. Je commets l’erreur classique, celle de vouloir à toute force me faire aimer, alors que ce cheval débarqué dans un nouvel environnement, sans autres chevaux sur qui se reposer, ne me doit absolument rien.

Simbad est gros, lent, a mal aux pieds. Mais on sort quand même, accompagnés par un bipède les premiers temps, et puis on se risque à l’extérieur tous les deux. Pas grand chose, une demi-heure par-ci et par-là, pour s’apprivoiser. C’est chaotique, et il y a des semaines où je ne réussis pas à surmonter mon angoisse. Des semaines où je me dis « demain, on y va… » – et j’abandonne. Le souci ne vient pas de lui. Lui, il est trop mignon. Tête de con, mais mignon. simbadou1 On a mis la biquette avec le poney ; ils s’entendent plutôt bien, dorment ensemble. Il la poursuivant le champ, elle le vire du foin. Au moins peuvent-ils se reposer ensemble, veiller l’un sur l’autre. simbadou6  Je sens une crispation chez ce poney, mais je n’arrive pas à comprendre ce qui ne va pas. Il est insupportable à l’attache, me bouscule, et je ne sais toujours pas donner de limites. Mes accès d’autorité n’ont aucune prise sur lui – c’est un poney. Avec le caractère en or qui va avec. L’été passe. On se promène, sans faire grand chose, on apprivoise l’extérieur. Je commence à comprendre que je ne suis pas son référent, que je n’ai pas su me placer en cavalier responsable. A l’extérieur, il s’appuie sur moi, mais c’est plus par défaut que par choix. Il a mordu Thibaut. Deux fois. Lui a écrasé le pied. Du coup Thibaut est monté dessus. Deux minutes, à cru. Puis 10 minutes. Puis en selle, une heure. En juillet, il fait sa première balade, encadré. Pas, trot. Galop. Il se tient bien. Je suis verte de jalousie.

Le nez dans le sable

Les cours reprennent fin septembre. J’ai la chance de pouvoir y assister avec Simbad, une fois par semaine. C’est le début d’une période compliquée, où Simbad décide de remettre en permanence mon autorité en question. Ou mon manque d’autorité, plutôt. Je finis dans le sable une fois sur deux. Je connais son truc par cœur, il me prévient presque avant de le faire, mais quand il s’encapuchonne, il a de la force, l’animal. J’ai envie de jeter l’éponge. De prendre des cours avec d’autres chevaux, pour voir. Pour comprendre. Mais je suis têtue. A deux têtes de pioche, on se bagarre, mais il y a peut-être moyen de se comprendre. Le déclic, c’est de le laisser à une autre cavalière, pour une balade. Je le vois partir avec quelqu’un d’autre sur son dos. Et c’est la première fois que ça me semble un peu douloureux. Pas insurmontable, ce n’est pas vraiment de la possessivité, c’est simplement une question en suspens : et si quelqu’un d’autre lui convenait mieux ? Lorsqu’ils reviennent, la cavalière me partage son impression en deux phrases : « il a un peu testé au début, mais quand il a vu à qui il avait affaire, il a été très bien pour le reste de la balade ». Parfois, on a juste besoin d’une autre perspective pour réaliser vraiment ce que l’on savait déjà. simbadou7 Je commence à me fâcher, à le remettre en place, à cesser de penser qu’il est une petite chose fragile. Je commence à comprendre qu’un cheval a besoin d’un leader, d’une figure d’autorité pour le rassurer, alors je pose les bases dès le début de chaque balade. Il ne m’embarque plus, ne me met plus par terre, et je commence doucement à respirer.

L’hiver à pas comptés

Ce n’est toujours pas le grand amour, mais c’est mon cheval. Je ne le laisse plus à personne, et j’ai envie de me donner les moyens de le comprendre. L’hiver passe entre cours et balades, sans trop de heurts. La seule chose qui me chagrine, c’est son humeur. Je sens qu’il est las. Il a maigri, il est plus beau, en meilleure forme, et a retrouvé un peu de souffle, mais il se traîne. Je ne vois rien dans ses yeux, rien d’autre que de la résignation. Il reste amorphe dans son abri, entre le foin et la biquette. Ces deux-là sont comme un vieux couple, ils n’ont plus grand chose à se dire. Elle fugue, du reste – et quand elle part, il hennit à n’en plus finir. Il ne se porte pas, et avance tête basse. Il lui faut de la compagnie.

Des changements salutaires

Même si je savais qu’un cheval ne vivait pas seul, j’ai mis des mois à réaliser l’urgence. Je n’ai pas su voir tous les signes de mal-être qu’il m’envoyait. Je pensais avoir un peu de temps pour lui trouver un compagnon, un vieux cheval à la retraite ou un poney non montable, qu’importe. Je comprends maintenant qu’il ne peut pas se reposer la nuit, et que cela joue sur son humeur ; il n’a pas de compagnon pour s’y référer, pour se gratter, chasser les mouches, jouer ensemble, veiller l’un sur l’autre. La chèvre est une compagnie salutaire dans son cas, mais c’est loin d’être suffisant. Pendant ce temps-là, Thibaut est toujours à cheval, et ne se débrouille pas trop mal. Je regarde les petites annonces. Je tombe sur un cheval noir. On va le voir. Il est magnifique. Beaucoup trop sensible, beaucoup trop beau. Beaucoup trop de sang pour un débutant. sinji1 Il arrive une semaine plus tard à la maison. Il est tard, ce jour-là, et la nuit tombe vite encore début mars. Alors on le met dans le champ en haut, seul ; Simbad peut le voir un peu, depuis le pré en bas. Sinji stresse toute la nuit, mais au moins peuvent-ils communiquer. Ils ne vont pas s’en priver, et nous, on ne dormira pas beaucoup. Le lendemain on sépare le pré du bas, chacun un côté de l’abri. Les négociations vont bon train. Je sens Simbad complètement fou, obnubilé par ce cheval qui arrive sans prévenir. Est-ce qu’il est pour moi ? Est-ce qu’il va rester ? Est-ce que je peux aller le sentir, le toucher ? simbadou8 Je pensais attendre quelques jours, le temps de les habituer. Mais ils semblent plutôt gérables, alors on ouvre la séparation entre les deux prés. Ils soufflent, ils couinent ; quelques oreilles en arrière, et puis rien. Dix mois d’attente pour avoir un copain, 2 minutes pour l’accepter. J’ai l’impression que c’est Simbad qui mène la danse ; à l’heure de la distribution du foin, on comprend vite que c’est Sinji qui s’impose… simbadou3 Mars, avril ; fin d’hiver exécrable. Le champ est en ruine, Sinji galope dans la boue en faisant décoller ce qu’il reste du sol. Il faut refaire la pâture, alors ils vont aller en pension. Juste à côté. Tant qu’à faire, ils découvrent un nouvel ami, de blanc vêtu celui-ci, un nouvel environnement ; Sinji rejoint nos cours, avec son cavalier tout frais. Ces deux-là s’entendent comme larrons en foire. Ce cheval vif, angoissé pour un rien, qui ne supporte aucun contact sur ses flancs, donne sa confiance à une seule personne. On commence à se balader à quatre, Sinji devant imposant son rythme, Simbad trainant la patte derrière. simbadou15 Tête & oreilles basses, comme toujours.  Je continue à lire, et je commence à traîner sur des forums de cavaliers. Et je décide de faire passer l’ostéo pour Simbad en fin de printemps. Bilan : un cheval raide à main gauche, coincé de l’arrière. Rien de catastrophique, mais cela le gêne et ne l’incite pas à se porter correctement. Le maréchal biseaute ses fers. J’ai soudain un poney nettement plus vif et réactif. Mais c’est la fin des cours.

Un été au top

Juin, cela fait un an que Simbad est avec moi. Je commence à sérieusement m’y mettre. Puisqu’on est tous les deux, livrés à nous-mêmes, je dois me concentrer sur lui. Je réfléchis à ce qu’il aime, et m’en sert pour le booster davantage. Je décide de travailler seule en carrière avec lui, aussi, même si je ne sais pas par quoi commencer. Je découvre un poney pas toujours volontaire, mais concentré sur moi, que je peux travailler une bonne demi-heure sans qu’il regarde trop les mouches voler. Je ne sais pas trop comment m’y prendre, mais je sais qu’il faut qu’on bosse sur la communication. « C’est un poney, il a une bouche dure ! » Nenni. Je vire même mon mors simple brisure pour un double brisure pour chevaux sensibles ou en cours de débourrage. Ça lui plait tellement, d’avoir quelque chose de plus léger, qu’il est bien plus réactif. On travaille sur des cercles, pour l’assouplir, et des figures toutes simples. Bouger les hanches, se porter correctement. On ne travaille sur le trot, cela ne sert à rien de le braquer, de faire les choses trop vite. En trois séances seule en carrière, j’ai un cheval plus réactif, plus souple. Ce que je mettais 20 min à mettre en place la première séance, il me le fait en 5 la troisième fois. Il me fait même le plaisir, pour la première fois, de me porter vraiment sur un cercle, sans trainer les pieds. Je n’ai plus un cheval qui met tout le temps le nez par terre. J’essaye de l’intéresser le plus possible. Alors je commence en tâtonnant à travailler à pied, en semi-liberté dans le manège. Il me suit plutôt bien, bouge les hanches sans problème. L’arrêt est plus problématique si l’attrait du bonbon dans ma poche est plus fort, mais ce n’est pas catastrophique. De toute façon, il ne fouille plus les poches ; il n’envahit plus mon espace non plus. Il recule plutôt bien, aussi. A pied.  

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Je lui saute sur le dos à cru, il ne bouge pas. Je me laisse tomber, au pas ou au trot, il s’arrête. Je me filme, et je découvrir ses expressions que je ne vois pas quand je suis sur son dos, ce qui me permet de réaliser qu’il est bien plus curieux et attentif que je ne le pensais. C’est un second déclic, pour moi.

On fait ce qu’on aime : aller gambader dans les bois. Prendre des sentiers casse-gueule, trottiner dans des chemins creux, en descente, sautiller des troncs d’arbre. Rien de fou, mais on s’amuse. On fait quelques bêtises, aussi.

 

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  Et on profite d’un été génial, où j’arrive enfin à caser 3 à 4 séances par semaine, moitié balades, moitié séances en carrière.

Une rentrée chaotique

Mi-août, le temps se gâte, et notre travail ensemble aussi. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais Simbad est tellement en forme qu’il commence à jouer à se faire peur. Il a de l’énergie à revendre, et j’ai du mal à le faire vraiment transpirer avec le travail actuel. Les balades qui me prenait 1h15 l’année dernière ne durent que 45 min, à peine. Il traine toujours les pieds, ce qui me donne des envies de meurtre. Les seuls moments où il me porte vraiment, c’est dans les bois. La forêt, c’est vraiment son truc… Je l’emmène à la plage, pour le décrasser. simbadou11 Il me fait nettement plus confiance qu’avant, mais lorsqu’il peut longer le bord ou suivre des promeneurs… Je me casse les poignets à l’obliger à longer les vagues.    

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Il ne démarre toujours pas au galop, et reste complètement froid à la jambe. Autant pour la finesse des aides…

Je commence à réaliser que je ne sais pas encore gérer sa peur correctement. Le voir paniquer pour une chèvre planquée dans une haie m’énerve, je ne supporte pas de le voir monter dans les tours pour une bêtise, pour un champ de vaches, pour des lamas dans les fourrés. Je n’ai pas encore la bonne recette : lui laisser du temps pour apprivoiser sa peur n’a pas l’air du tout de fonctionner, bien au contraire.

Septembre, c’est le retour à la maison pour un mois. Plus de carrière pour l’instant, pas de travail à pied donc. On leur laisse un peu de repos. Mais trois jours sans sortir, c’est récupérer un poney à fond, plein d’énergie, et prêt à se monter le bourrichon tout seul à chaque balade.

Faut dire aussi que des gens qui jardinent avec un casque à antennes sur les oreilles, c’est assez inquiétant – je partage le point de vue de mon poney à cet égard.

J’ai besoin de voir un peu Simbad autrement, alors je l’emmène aux courses hippiques – pas sur la piste, non, mais pour les baptêmes à poney organisés par la ferme équestre. Les gamins se battent pour monter sur « le plus grand des poneys », celui qui est reconnaissable avec sa raie de mulet et sa crinière en brosse. Ils veulent le caresser, le toucher. Il me regarde en soupirant, j’ai l’impression qu’il va m’en vouloir pendant des semaines.

Quatre, cinq heures passent, au soleil sur la plage, à promener des gamins plus ou moins turbulents. Il traine des pieds au début ; à la fin, motivé par les grands chevaux fous qui paradent à côté, il est presque devant tous les autres. Il est fatigué, certes, mais pas usé. Content de rentrer, au galop sur la plage, mais sans ressentiment. Et il n’a mordillé personne. A part moi.

 

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De nouveaux objectifs

Nous voilà déjà mi-septembre. J’ai plein d’idées en tête, plein de nouveaux objectifs. Dont les deux plus importants : le re-sensibiliser aux jambes, et améliorer son endurance.

J’ai un objectif, minuscule certes, mais qui serait déjà une victoire si l’on pouvait y participer : une simple course d’endurance de 20 km, en juin prochain. Largement dans ses moyens, s’il lève enfin les pieds.

Pour le re-sensibiliser aux jambes, il va probablement me falloir un peu d’aide. En attendant, je change ma selle – la prochaine devrait arriver pour un essai la semaine prochaine. C’est un modèle plus compact, a priori mieux adapté à ses mesures, et qui me permettra également d’être moins éloigné de lui. Celle que j’ai actuellement m’isole beaucoup, alors côté actions de jambe, c’est une catastrophe.

J’ai découvert le pouvoir du stick de dressage. Moyenne de trot améliorée de 3 km/h sur une seule balade. Sans le toucher, juste en l’ayant tranquillement posée sur la cuisse.

La plage est à nous pour tout l’hiver.

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Simbad a 9 ans, et moi j’en aurais bientôt 30. Je ne me découvre pas l’âme d’une compétitrice, mais ce dont je suis certaine, c’est que j’aimerais aller bien plus loin dans ce que j’apprend et dans ce que je fais avec lui. Travailler l’endurance et faire plus de plat. Peut-être tenter un peu de dressage ? Je suis certaine qu’il en est capable.

Je le regarde avec sa tête en travers et ses oreilles bien droites, et je me dis que d’accord, c’est un petit poney, il est lent, il faut l’occuper constamment, il ne me pardonne rien et apprend bien plus vite que moi, mais voilà, c’est le mien. C’est mon compagnon de bêtises, même quand je rentre d’une balade en pestant parce qu’il est vraiment trop bête d’avoir peur d’une biquette.

Il en faut du temps, pour s’apprivoiser. C’est douloureux de se remettre en question à chaque visite au pré, à chaque balade ; avoir un cheval ce n’est pas que pratiquer l’équitation, « poser ses fesses sur une selle ». C’est remettre en perspective des tas de choses, abandonner ses certitudes, ramasser ses dents et son ego quand on va au tas, assumer ses erreurs et les conséquences de celles-ci.

C’est une sacrée bouée de sauvetage, aussi.

50 thoughts on “Du temps pour s’apprivoiser”

  1. Cavali'Erre
     ·  Répondre

    Très belle histoire d’amour et de persévérance. Je vous souhaite encore plein de progrès et de joies!

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Merci beaucoup Cavali’Erre ! Dont je découvre au passage le très joli blog. Bienvenue ! :)

  2. Mentalo
     ·  Répondre

    Il y a un monde de différence entre être cavalière de club et propriétaire d’un cheval chez soi ou en petite pension… Les expériences sont personnelles, les victoires comme les défaites, les jours ne sont pas égaux. Ma monitrice dit qu’un cheval nous révèle à nous-mêmes: notre état d’esprit et de forme du jour, même inconscients, ne pardonnent pas.

    Quelques pistes peut-être: aller rechercher dans l’histoire de ce poney pour mieux comprendre ses réactions/son caractère, demander de l’aide personnalisée à un moniteur/éducateur équin (qui partage ta philosophie), travailler beaucoup à pied (même au pré) pour éduquer la confiance, travailler sur la désensibilisation (même si certains restent un peu concons faut avouer),…

    Ton récit montre que tu as déjà beaucoup progressé en 18 mois, y a pas de raison que ça s’arrête! Sois indulgente avec toi-même aussi, on ne peut pas être tout le temps au top (lui comme toi).

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Il y a un monde, oui, que l’on fantasme beaucoup. On oublie que le cheval n’a rien à nous donner, ne nous doit rien : c’est à nous de lui offrir le maximum, au plus près de sa condition de cheval. Et d’être son référent, son leader, pour mériter sa confiance. C’est la vraie grande leçon à retenir :)
      Les jours où je ne me sens pas bien, je ne monte pas. Parce que ce n’est pas ça qui va me faire aller mieux, au contraire, ça risque d’être catastrophique. Je vais juste l’embêter, le câliner, m’en occuper. Le balader en main, à la limite. Le cheval sent beaucoup trop nos émotions :)

      Pour le passé de Simbad. Elevage, puis club avec des enfants débutants. Il a sûrement reçu beaucoup d’amour – il a une confiance absolue en l’humain, et n’a absolument pas peur de nos grands geste – mais il a oublié les bonnes manières. A supposer qu’on les lui ait inculquées ! Il a fait quelques années de club, petite structure, je ne pense pas qu’il ait été usé du tout… mais par contre il a développé tous les trucs et astuces classiques du poney qui n’a pas envie de bosser. Il n’a pas appris à être intéressé à ce qu’il fait, je pense.
      Ensuite, vente à un particulier, qui ne s’est peut-être pas entendu avec lui, manque de temps, manque de confiance, manque de niveau, j’en sais rien… il était très bien soigné (et nourri, hum), câliné, mais du coup, pas de travail régulier les derniers temps.
      Et ensuite, il est arrivé chez moi.

      Côté désensibilisation, il n’a pas de grands problèmes, il fonce dans tout. Ce qui lui fait peur, ce sont les animaux (à part les chiens). Les biquettes, les lamas, c’est la grande trouille. Et les vaches !
      C’est un peu ennuyeux dans nos contrées. Mais ça ira, on va bosser dessus.

      On avance pas à pas. Là, on bosse les trotting, pour redonner du souffle et de l’allant. Il commence vraiment à me porter, et il améliore son temps de jour en jour.
      Il a besoin d’être récompensé, valorisé, de trouver un intérêt à ce qu’il fait.

      A ses oreilles en avant ces derniers temps, je suis certaine qu’on est sur la bonne voie. Et mes moments de découragements passent vite, désormais ! :)

      Mais je suis bien contente de ne pas être partie sur la grande TF que j’avais eu à l’essai…

  3. Eliness
     ·  Répondre

    Ton article est incroyable, je l’ai dévoré ce matin et ai été frappée par sa justesse et son humilité. Ancienne cavalière, j’ai comme tant d’autres eu ce rêve de gamine d’avoir mon cheval « à moi », fantasmant cette amitié forte et unique, cette osmose entre homme et animal. Puis je me suis éloignée de cet univers qui ne me correspondait plus, je commençais alors à comprendre à quel point cette image était une illusion.

    Merci d’avoir partagé la réalité, dure et demandant des efforts, une remise en question perpétuelle. Merci d’avoir été honnête, y compris dans tes doutes et tes erreurs. Votre histoire est belle car sincère, et je te souhaite de continuer à en apprendre tant de choses.

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Bonjour Eliness, et bienvenue ici !
      Merci beaucoup pour tes mots. J’ai essayé d’être la plus honnête possible, car comme tu le dis, on fantasme beaucoup sur cette relation cavalier-cheval… Or il vaut mieux savoir que tout ne va pas être rose. Ça permet de relativiser lorsque les ennuis arrivent… et dans mon cas, ce ne sont que des petits ennuis.
      Il faut savoir demander conseil aussi, et se faire encadrer. On a beaucoup trop été bercés par les histoires fantasmées des livres sur les chevaux qu’on a pu lire, enfant…
      Dans mon cas je me suis aussi éloignée de l’équitation, durant 10 ans. Etude, boulot, Paris, etc… je n’y pensais plus.
      Et quand j’ai remis le pied à l’étrier, j’étais complètement angoissée avant chaque séance.
      Devenir propriétaire m’a permis de contrôler mon « trac », et d’évoluer dans beaucoup de domaines.
      Je ne pense pas que la relation cavalier-cheval soit une illusion. Je pense qu’elle existe, qu’elle peut être très forte, mais qu’il ne faut simplement pas faire l’erreur de tomber dans l’anthropomorphisme. Au final, comme en selle, il faut « penser cheval »… :)

  4. Moomy
     ·  Répondre

    Belle histoire, dont je connaissais une bonne partie mais c’est toujours un plaisir d’avoir une mise à jour. Et de te lire !

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      J’ai pas fait beaucoup d’efforts d’écriture pour celui-là. ^^ Merci !

  5. Marie
     ·  Répondre

    Comme Eli, j’ai dévoré ce billet, même si j’ignore tout de cet univers.

    Je n’ai pas d’affinité particulière avec les chevaux, ayant été mordue par l’un d’eux pendant mon enfance, petit traumatisme dont je ne me suis jamais vraiment remise ! ^.^

    Mais ma mère les adore, et les peint souvent. Aussi, ça a nourri mon imaginaire. D’autant que le cheval est une figure mythologique très ambivalente.

    Je trouve cela très courageux d’adopter un cheval (et que dire d’en adopter deux ?). C’est une sacrée responsabilité !

    En lisant ton texte, je ressens le doute et, parfois, un peu de souffrance. Il faut s’apprivoiser, oui ; et c’est le cas avec chaque animal. Ils ont chacun leur histoire, leur caractère… Un peu comme des enfants qui ne choisissent par leurs parents, ils ne choisissent pas vraiment qui les adopte.

    Alors il faut apprendre à faire connaissance. Y aller petit à petit. Avoir, parfois, du courage et de l’ambition pour deux. Et, à l’inverse, accepter de temps en temps de lâcher prise.

    Tes photos sont très belles : j’aime les voir apparaître sur mon écran !

    Ah, et cela m’intéresserait aussi de lire les impressions de Thibaut sur le même sujet :)

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Il y a un très joli mouvement dans les peintures de ta mère ! Et j’aime beaucoup la douceur des couleurs choisies.

      Pour le reste, nous sommes habitués à « récupérer » des animaux. Ce n’est pas notre première expérience : on prend rarement des chatons, par exemple. On les adopte adulte, et on est conscient qu’ils ont eu une histoire, un passé dont on ne fait pas partie. Ça apprend beaucoup l’humilité, aussi ! On a fait une exception pour la biquette, et du coup on l’a rendu complètement dépendante de nous, mais ça c’est une autre histoire :D

      C’est effectivement une responsabilité, et comme pour tous les animaux, ça a beaucoup à voir avec l’éducation qu’on leur donne.
      Sauf qu’on éduque un machin qui fait au bas mot ses 450 kilos, et qui peut t’embarquer et de ta balader à tout moment. Dès le départ, il y a beaucoup d’humilité à avoir quand on est cavalier… et encore plus quand on est propriétaire.

      Après, il y a tous les cavaliers de concours du dimanche, mais là, je vais garder ma pensée pour moi… ^^

      Pour Thibaut, hum, je ne sais pas s’il a le courage de tout raconter, mais ça pourrait être intéressant effectivement ! Je lui demande ^^

  6. Nessendyl
     ·  Répondre

    C’est une superbe histoire, ton histoire, non, votre histoire ! ^^
    J’ai adoré la lire, très bien écrite, détaillée, avec humeurs et humour. Vous formez un sacré duo tous les deux !

    Je n’y connais pas grand chose en chevaux et poney, mais j’imagine bien la difficulté de s’occuper d’un tel animal, de le monter comme il faut, de le rendre heureux. On en apprend beaucoup dans ton texte, c’est génial et ça fait réfléchir.

    Merci pour ce très beau partage! :)

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Merci Nessendyl !
      Et encore j’ai gardé les photos débiles pour moi. Pour une fois. ^^
      Les chevaux ne sont pas compliqués, mais il faut respecter leur nature. Et nous avoir sur le dos, ce n’est pas tellement naturel. Donc autant faire les choses bien… En tout cas, ça remet beaucoup de choses en question. Et en perspective !
      Comme toute responsabilité, je suppose, surtout lorsqu’il s’agit d’un être vivant.

  7. Ocilia
     ·  Répondre

    J’aime beaucoup cet article qui nous sort de l’éternel cliché du « avoir un cheval c’est merveilleux ». C’est merveilleux certes, mais c’est aussi un tas de difficultés, de remises en question, de doutes et d’apprentissage.

    Je n’ai jamais eu de cheval « à moi » mais je me suis beaucoup occupée des deux chevaux d’une amie et j’ai eu un pur sang anglais en demi pension. Chacun de ces chevaux m’a fait apprendre beaucoup, entre la ponette maline qui me jouait des tours sans arrêt et ne répondait pas au mors classique, le trotteur borgne réformé des courses qui devenait dingue régulièrement en balade alors que c’était un véritable nounours au pré, et ce pur sang qui m’a posé tellement de problèmes lors du travail en carrière, qui était littéralement ingérable alors qu’il était si facile en ballade…

    On oublie vite qu’en plus de notre caractère et notre humeur du jour qui joue sur eux, ils ont eux aussi leur caractère et leur humeurs, et ont malgré tout des besoins différents qu’i faut réussir à identifier.

    En tout cas ce texte est très joli et plein d’amour, je te souhaite beaucoup de bonheur avec Simbad !

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Bonjour Ocilia !
      C’est vrai qu’on apprend beaucoup auprès des chevaux dont on peut vraiment s’occuper. Pour ça, les demi pension, c’est très formateur. On conseille souvent de passer par là avant d’acheter son cheval… Encore une étape que je n’ai pas suivi.
      En tout cas, tu as l’air d’avoir vu pas mal de choses avec les trois chevaux dont tu parles !
      Se rapprocher au maximum de leur mode de vie, c’est l’essentiel. On apprend pas beaucoup à essayer de comprendre son cheval, en club… et c’est très dommage. Ça explique de nombreuses désillusions (savamment entretenues par Grand Galop et autres bêtises).
      Mais ça reste une très belle aventure, et je ne regrette rien. Ça me motive à continuer, d’ailleurs !
      Merci beaucoup pour ton commentaire, et bonjour aux chevaux par chez toi !

  8. lesdoucesparoles
     ·  Répondre

    C’est très beau ! On ressent beaucoup d’amour à travers cet article :)

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      « Beaucoup d’amour pour ce petit con » est ma maxime quotidienne :D

  9. Suny
     ·  Répondre

    Hello !
    Je débarque dans le coin via la sélection du jour sur HC (pour une fois, j’approuve le choix !). Très bel article, superbe témoignage, des photos à croquer…
    ça me parle d’autant plus que, heureuse maman de trois gros bébés (TF réformés), dont un jeune hongre arrivé depuis un an, je me pose beaucoup de questions, surtout en ce moment : m’aime-t-il? Me respecte-t-il? Me fait-il confiance? Pourquoi m’en veut-il aujourd’hui? Bref, les questions basiques d’une jeune maman :p La question de leur passé est, je m’en rends compte aujourd’hui et surtout avec des chevaux qui ont été élevés pour la compétition, sans aucune autre considération que des coups quand ils ne faisaient pas exactement ce qu’on voulait d’eux, puis jetés comme des vieux kleenex parce qu’il leur manquait quelques centièmes de secondes, extrêmement importante.
    Ils me remettent en question tous les jours, bien plus que mes congénères à deux pattes, me font parfois du mal et d’autres fois me procurent d’immenses joies, exactement ce que tu décris dans ce beau témoignage.
    Bref, j’ai adoré te lire, et je repasserai souvent ! :)

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Bonjour Suny !
      Ah, les TF réformés… Que d’histoires palpitantes sur ces chevaux, surtout quand ils ont été entrainés et ont couru…
      Ce sont des chevaux qui font rêver plein de gens, qui se sentent capables de leur apporter beaucoup, et finissent souvent par être dépassés faute d’encadrement. Eux plus que d’autres ont besoin de limites, tant on a souvent peu respecté leur nature de chevaux. Mais ils rendent aussi beaucoup d’amour, parait-il !
      J’ai failli me tourner vers ce genre de chevaux, et j’ai heureusement été assez réaliste pour m’apercevoir à temps que je ne m’en sortirais pas du tout.
      Heureusement il y a aussi de nombreuses belles histoires.
      Je te souhaite de trouver tes marques avec ton dernier arrivé ! Bon courage.
      Et à bientôt ici ! (je ne parle pas toujours de cheval, mais bon… ça devient quand même assez récurrent ^^)

      • Suny
         ·  Répondre

        Bah, déjà avec des TF, faut pas être accro au galop, parce que pour leur faire comprendre que non, je ne vais pas les battre à mort s’ils partent au galop et/ou que non, ce n’est pas la peine de me secouer comme un prunier (heureusement j’ai une selle western, plutôt pratique pour le rodéo), c’est très compliqué…
        Pour les filles, plus âgées (22 et 9 ans), je n’ai pas vu leurs débuts à la maison, elles sont arrivées avant moi chez mon mari. La vieille est un vrai nounours au pré et une vraie teigne en balade (moult talus et troncs d’arbres peuvent en témoigner). Il a cessé de la monter depuis quelques années, et tout le monde se plait bien comme ça… La jeune était très craintive au début, même encore quand je suis arrivée, et aujourd’hui elle est beaucoup plus équilibrée (malgré son goût douteux pour le rodéo). Le p’tit con, il a 5 ans, c’est un gros bébé curieux et joueur, très câlin dans ses bons jours, mais quelque peu bipolaire. Quand il est arrivé, pas moyen d’approcher la main de son chanfrein. J’ai mis trois mois, plusieurs fois par jour, à y arriver… et il me fallait un quart d’heure pour l’attraper et lui enfiler un licol contre deux secondes et demie aujourd’hui. Et pour ce qui est des véhicules à moteur, on a dû trouver pas mal de subterfuges pour l’habituer après qu’il a failli s’asseoir sur le capot d’une voiture en essayant de l’esquiver…
        Très franchement, les TF ne me faisaient pas particulièrement rêver à la base. Se retrouver catapulté au champ avec une bestiole de plus de 1m60 dont les premières années de la vie ont été tout sauf agréables, et surtout quand on n’a pas eu de contact avec un équidé depuis plus de quinze ans, c’est plutôt impressionnant ^^ Mais bon, question pratique, c’est sûr qu’ils sont parfaits : plutôt rustiques donc parfaitement à l’aise dehors, très, très, trop endurants, dynamiques (quand ils le veulent bien), solides. De l’amour, oui, on en a… quand ils le veulent bien aussi (et surtout quand on arrive avec de la bouffe).
        Quand tu arrives à 30 ans et que tu n’as pas monté depuis quinze ans, ils sont épuisants, mais tellement bien dans leurs godasses que tu réapprends très vite. Quand tu ne connais pas grand chose à l’éducation d’un cheval, ils sont épuisants, mais extrêmement enrichissants (pas le choix… avec eux, faut apprendre vite !). Mais ils s’adaptent tellement bien à tout qu’au final, c’est pas non plus si compliqué. Ce ne sont pas des chevaux au caractère naturellement difficile, ce sont juste des cons qui les ont rendus comme ça. Ce qu’il faut surtout c’est énooooormément de patience ^^ Et puis accepter leur caractère très indépendant, ils sont un peu comme des chats… s’ils n’ont pas envie de venir vers toi ou de t’écouter, tu peux toujours te brosser ! :)
        Bref, voilà… ^^
        A bientôt !!

        • Lucifugae
           ·  Répondre

          Ah effectivement c’est un parcours d’obstacle et de désensibilisation cette aventure avec des TF ! Ça ne m’étonne pas trop, c’est un parcours assez similaire à ce que j’ai déjà entendu chez d’autres heureux possesseurs de ces chevaux…
          Mais je crois que ce sont effectivement des personnalités hyper attachantes et quand on réussit une toute petite chose, ça nous rend heureux pendant des jours…
          Pour le côté indépendant, j’ai les mêmes à la maison ! Enfin surtout le petit têtu, là…

  10. Julie/lanuitremue
     ·  Répondre

    Très bel article, qui décrit les hauts et les bas d’une belle et forte relation. Merci beaucoup pour ce partage

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Mais de rien, merci beaucoup d’avoir eu la patience de le lire ! :)

  11. Carole
     ·  Répondre

    C’est une très belle histoire vous deux. :) Il y a des hauts, des bas et des obstacles mais c’est ça qui fait que la relation est intéressante, enrichissante et passionnante.

    Il faut être courageuse (ou un peu folle ^^) pour passer du «  »simple » » statut de cavalière de club à propriétaire sans passer par la case DP (qui permet souvent d’apprendre beaucoup) !

    Je vous souhaite de longues années de découvertes et de plaisir.

    Ps : tu fais bien + jeune que tes 30 ans !

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Bonjour Carole,
      Oui, je me suis clairement précipité. Mais je ne regrette pas ! On s’amuse beaucoup, au final.
      Enfin, maintenant ^^
      Merci !

  12. Gwénaelle
     ·  Répondre

    9 ans : il sort de l’adolescence ! en équitation, laisser le temps au temps, ne pas vouloir tout tout de suite.
    Je fais de la rando avec une jument de 16 ans qui n’aime pas les vaches …. S’accoutumer à leurs petits défauts comme le temps qu’il s’habitue aux tiens. Si tu veux travailler l’endurance, partir sur de plus grande distances ? faire des balades de 20 km.
    Ma jument et celle de ma fille sont des juments de rando : elles ne partent qu’en rando rênes longues ; elles ne vont jamais en club ; je n’irai pas faire du dressage ni du saut avec elles. Je ne mettrais pas mes boots pour faire de la plongée … Un cheval polyvalent pour moi n’existe pas ; on ne peut pas être bon en tout. A toi de réfléchir à ce que tu veux vivre avec ton compagnon, à ce qu’il est capable de te donner. Et puis, les doutes et les remises en cause, c’est pour la vie …

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Bonjour Gwénaelle, et bienvenue !

      Clairement, c’est un ado attardé. Et c’est pour ça que je l’aime et que je m’entends bien avec lui, je pense. Je ne bloque pas sur son caractère actuel, car c’est un bébé dans sa tête, et un poney en prime ! Je sais qu’un jour, on pourra faire des choses de manière beaucoup plus posées, et qu’il sera vraiment un papi hyper cool.
      En attendant, il a du jus à revendre. Et sa « rechute » ne m’inquiète pas plus que ça (sauf quand il se balance dans un fil de pré par peur d’une biquette naine, là, ça me chiffonne un peu).

      Pour l’instant, l’endurance, c’est simplement un petit objectif. Je n’en ferais jamais un cheval d’endurance, ce n’est pas son truc. Je ne connais pas beaucoup de fjords qui en font, d’ailleurs.
      Par contre, il est tout à fait capable d’être polyvalent, à un petit niveau. Je ne lui demanderais jamais de faire Elite ou amateur, de toute manière, je n’en suis pas capable.
      Mais on multiplie les activités, pour voir aussi des choses différentes. C’est un poney qui s’ennuie énormément quand on fait des choses qu’il connait déjà. Il progresse vite, et il attend que je progresse à son rythme. Il ne me pardonne rien, et de moins en moins ! Au final il est fort possible que ce soit moi qui n’arrive pas à suivre ;)

      Côté rando, à part le trip sur les vaches, il est assez génial. Il passe partout, il a le pied plutôt sûr (malgré quelques soucis actuels), de bons aplombs. Le seul souci, c’est son tout petit pas !
      C’est pour cela qu’on bosse en carrière, à passer des barres au sol, que l’on multiplie les disciplines pour lui apprendre à se porter lui-même et ne pas tout attendre de moi. Remarque, ça fait de belles cuisses en béton, à force :D

      Ça reste mon cheval « de loisirs », mais jamais je ne me limiterais avec lui, parce qu’il a besoin de voir des choses différentes pour qu’on découvre ce qu’il aime. Il ne sera jamais un cheval de CSO ou de CCE, ça n’est pas ce que je cherche, et je reste à son écoute pour ne pas trop le pousser.
      Mais pour l’instant… y’a de la marge ;)

  13. petitesmarionnetets
     ·  Répondre

    Quel joli récit d’amour et de persévérance!
    Chaque cavalier devrait le lire pour comprendre que l’équitation ce n’est pas juste poser ses fesses sur une selle…
    Mille merci pour cet éclairage! Je le garde pour ma fille passionnée d’équitation :-)

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Merci Petitesmarionnetets ! Et bienvenue :)
      Aujourd’hui on apprend en club une équitation « de loisirs » qui fait plaisir à ceux qui viennent monter une fois par semaine.
      Mais il y a peu de structures qui enseignent le cheval dans sa globalité : équitation, soin, mental, nature des chevaux… et c’est pourtant vraiment passionnant.
      Mais c’est un « sport » exigeant, et nombreux sont les cavaliers de loisirs qui n’ont pas du tout envie de rentrer en pleurs à la maison, de se remettre en question, de se bousculer. Ce que je comprends tout à fait.
      Cela dit, quand on a le virus… c’est fichu.
      J’espère que ta fille passionnée le restera, et trouvera son équilibre !

  14. Salomé
     ·  Répondre

    Quand j’ai eu Hélium, j’avais 14 ans, elle 4 (aujourd’hui, nous avons 30 et 20 ans <3).

    Elle était mon coup d'coeur de cavalière de club, celle que j'ai monté pendant presque 1 an quasi toutes les semaines. Elle avait 3 ans, un caractère de bourrique et dès les premières fois, rien n'a été facile avec elle.

    Quand elle est arrivée à la maison, je n'avais AUCUNE expérience de cavalière propriétaire, j'étais jeune, parfois inconsciente.
    Je me souviens encore de la fois où elle m'a embarquée, à cru et sans bombe, devant la carrière de mon club. Ma plus grande honte et peur de cavalière.

    Avec elle, c'était toujours blanc ou noir. Jamais gris. Je pouvais revenir ravie d'un trotting sans prise de tête ou d'une séance de saut fantastique comme je pouvais rentrer dépitée d'un cours de dressage.

    Et puis un jour, alors qu'elle avait 9 ans, j'apprends qu'elle est atteinte d'arthrose. Plus de dressage, ni de saut. C'est dur mais cela a été bénéfique. Je revois tout depuis le début. Exit rênes allemandes, bride et autre mors trop fort. Ne montant plus en club, je suis aussi plus âgée et sais enfin vers quelle relation je veux aller avec Hélium.

    Plus de prises de tête. Je ne veux plus me battre contre elle, je ne fais pas le poids de toute manière.

    Peu à peu, j'ai trouvé le goût d'une équitation plus sereine et si je dois avoir un autre cheval un jour, j'ai beaucoup appris grâce à ma ponette.

    Tout ça pour dire que ce n'est pas facile d'avoir un cheval à la maison. Avec le recul, Hélium était trop jeune pour moi même si je suis ravie qu'elle soit encore là pour partager ma vie. On a grandi ensemble, j'ai vécu des années de bonheur auprès d'elle.

    Bonne continuation avec ton poney, beaucoup de courage, ça ira de mieux en mieux ;)

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Bonjour Salomé,
      Ah, les petits jeunes en club… Ça fait de belles histoires à raconter…
      On en connait tellement, de ces chevaux « qui ont un sale caractère » – alors qu’ils cherchent tout simplement à exprimer leur nature, ou bien souvent, un malaise.
      Alors au lieu de tout jeter, on suit les conseils, on continue de faire comme on a appris : on serre la vis, on met des enrênements, on se fâche encore plus fort. Au lieu de chercher la raison de tout ça.
      En tout cas, vous avez un sacré parcours, car tu n’as pas lâché prise et vous avez fini par trouver un équilibre. C’est une belle histoire au final, et c’est tout ce qui compte.
      Les clubs nous apprennent beaucoup, mais ils ont aussi leurs limites…
      Merci beaucoup pour ton passage ici et ton témoignage !

  15. nightstin
     ·  Répondre

    J’aime ta façon d’écrire et de parler de Simbad, et j’ai vraiment l’impression de lire mon histoire aussi.Quelle jolies leçons de vie qu’ils nous apprennent nos poilus.

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Ah ça c’est certain… Et côté patience, je crois que tu en connais un rayon…
      Moi le mien, finalement, il est super facile… juste très têtu et très exigeant ! ^^

  16. Geoffrey
     ·  Répondre

    J’ai tout lu,
    ça fiche des petits frissons,
    va falloir aussi que je m’insensibilise
    si ça continue :-) Je suis impressionné
    et curieux de tout cela. D’ailleurs, comment
    tu apprends toutes ces choses qu’il faut faire,
    les techniques, les façons de faire, etc.?
    Internet tu me diras peut-être.

    Bref, c’est toujours un immense plaisir de te lire.

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Ah non, s’insensibiliser ça ne sert pas à grand chose. Surtout dans ton métier, ce serait dommage ;)
      Honnêtement, pour l’apprentissage, je fais en marchant. Je teste, et je regarde la réponse. C’est un peu comme la cuisine, il faut y aller doucement avant de vider tout le sac de farine.
      Je lis pas mal, aussi, surtout les témoignages et les expériences des autres sur les forums. Ça me permet de savoir comment font les autres, et surtout, de varier les points de vue. Car chaque cavalier, chaque cheval est différent : selon les disciplines, les caractères, les environnements… autant de paramètres à prendre en compte.
      Les expériences de chacun m’enrichissent, et ensuite je cogite, cogite, cogite… et ensuite seulement, quand j’ai fait mon propre mélange parmi les recettes lues, je passe à la pratique :)
      Merci beaucoup pour le petit mot !

  17. justine
     ·  Répondre

    J’ai dévoré ton article ….
    J’ai monté en club , il y a bien longtemps lorsque j’étais enfant..
    J’aurais aimé avoir un cheval à cette époque mais je n’avais pas réalisé je pense ce que cela implique !!

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Justine, on a tous rêvé d’avoir un poney ou un cheval à soi quand on montait en club ! Mais… on ne se rend pas tellement compte de ce qu’il faut au quotidien. Et encore, je n’ai pas parlé de la gestion de l’abri, du foin, ou des crottins :D

  18. clem17
     ·  Répondre

    Très belle histoire, preuve de patience et persévérance.
    Tu me redonnes vraiment envie de remonter, j’ai le cheval à disposition mais seule cavalière sans structure à part les bois et devant ma cacahuète qui ne veut pas sortir du pré, il est parfois dur de me remettre en selle.

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      C’est super, les bois ! C’est un terrain de jeu formidable.
      As-tu un petit coin de pré à clôturer, pour faire un peu de travail à pied ? Longer, travailler quelques gestes simples et à la voix en semi-liberté comme l’arrêt, bouger les hanches, venir à toi ?
      Ça peut être un point de départ pour relancer la communication entre vous… Et être plus à l’aise en selle ^^
      Bon courage à vous deux !

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Merci beaucoup Lisa, et bienvenue !

  19. Rory
     ·  Répondre

    Quel bel article ! C’est chouette de connaitre l’histoire qui se cache derrière l’apparition de ce joli minois dans ton flux instagram ! Et pas de tout repos visiblement… en tous cas je vous souhaite de l’harmonie pour le futur :)

    Je n’ai pas été proprio encore mais DP d’un grand cheval qui a ses humeurs, j’ai également mis beaucoup de temps pour l’apprivoiser (6 mois – 1 an) mais comme toi sa bouille m’a eue… je n’avais plus qu’à relever le défi. Sa proprio s’y intéressant par intermittence (puis achète un nouveau cheval… puis finalement le revende lui) je m’en occupais vraiment, avait du temps à lui consacrer et je dois dire que malgré les difficultés du début* il a fini par avoir une confiance et une mignonnitude avec moi qu’il n’avait avec personne d’autre.
    *peur de me faire embarquer par ces 900 kg de muscles pour 1m75 au garot, séances parfaites qui s’enchaînants avec des fois où il était tellement insupportable que je jetais l’éponge au bout de 15 min, balade où il me fait des pirouettes pour changer de direction (oui oui les trucs de haute école là -_-), bouche extra dure – il avait été attelé- donc toujours peu d’action sur la bouche, travail au corps et à la voix mais quand il embarque/tire aille aille… mais au moins il a toujours eu de l’impulsion ! C’est chouette que tu aies découvert le stick hihi

    Et pareil j’aimerais bien moi aussi connaitre les débuts de Thibaut avec son magnifique noiraud ! J’ai moi même un Jules non cavalier qui s’est habitué à la présence de ces drôles de bêtes et a fini par apprécier mon géant… et après un cours d’initiation en France où il s’est montré très doué (trot enlevé et galop le premier cours) il a été finalement conquis par la chose lors de nos randonnées au Kirghizistan.

    En tous cas c’est formidable de pouvoir partager cela. J’arrête mon roman là, mais j’aime toujours autant lire tes péripéties équestres.

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Héhé, tout le plaisir est pour moi !
      C’est amusant j’ai assez peu de photos de Simbad pendant la période ingrate, étrangement. C’est assez logique me connaissant, j’ai du mal à faire des photos de choses ou de gens qui ne me renvoient pas grand chose, ou qui me renvoient une image de moi qui me déplait.
      Le pauvre ! Il n’aura presque pas de photos de lui obèse dans son album de famille… (hum)

      Oui, j’ai découvert le stick… Faut dire qu’il est tellement désensibilisé à la cravache, hum…
      Tu n’as plus ta DP ?

      Thibaut a un peu de mal à restituer sa propre histoire, mais il a dit qu’il allait essayer : )

      • Rory
         ·  Répondre

        Oui cela parait logique de ne pas faire de photos dans les moments « down ».
        Pour Thibault il ne faut pas le forcer mais si l’envie lui prend il aura un sacré lectorat !
        Oui je n’ai plus ma DP, la proprio a vendu le cheval dont je m’occupais et confié son poney car elle est partie à l’étranger. (Moi aussi je suis partie à l’étranger mais j’aurais aimé retrouver le grand en rentrant mais bon c’est comme ça.)

        • Lucifugae
           ·  Répondre

          Ah les DP, c’est dur de ne pas s’attacher.
          J’en avais cherché un moment, mais je n’ai pas trop voulu forcer. Je crois que je n’aurais pas forcément été faite pour ça.

          Sinon, Thibaut a écrit sa partie, je l’ai publiée ! ^^

  20. La fabrique éclectique
     ·  Répondre

    Aah avoir un cheval (ou poney) c’est un rêve de mon côté, mais pas sûre de réussir à assumer autant que toi ! Je te souhaite vraiment de la persévérance et de beaux résultats car vous avez l’air de bien coller tous les deux :)

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Et encore je n’ai pas parlé de la joie de les avoir chez soi, d’aller ramasser les crottins, donner de l’eau tous les jours, et du foin 3 fois par jour… :D
      Ce n’est pas insurmontable, mais je crois qu’il faut toujours avoir quelqu’un à qui parler en cas de découragement et de coup dur :)

  21. Easy Maybe
     ·  Répondre

    Bonjour !
    Ton article est un plaisir à lire !
    Bizarre, et agréable, d’entendre parler de découragement ponctuel de la part d’un cavalier, c’est fou ce que ça fait du bien de ne pas être la seule.
    Pourtant ce n’est pas un discours habituel dans les centres équestres que je fréquente (plutôt esprit de compétition mon-cheval-c’est-le-plus-beau et compagnie).
    Moi aussi j’ai vécu des découragements avec ma ponette, puis avec mon cheval. Alors quand vient enfin la sortie du tunnel, c’est vraiment trop bon ! L’un et l’autre m’ont offert des moments supers, autant à pied qu’en carrière ou en extérieur…
    J’ai vraiment hâte de les avoir au pré à la maison tous les deux.
    Merci pour ton témoignage, et au plaisir de te lire.
    Florence

    • Lucifugae
       ·  Répondre

      Bonjour Easy Maybe !
      Je n’avais pas réalisé que c’était si rare pour un cavalier d’évoquer ses difficultés en fait. C’est vrai qu’on a tendance à enjoliver les choses… dans mon cas j’ai vite pris le parti d’en rire, sinon j’aurais pété un plomb certains jours je crois. Et pourtant il n’est pas difficile, par rapport à d’autres histoires que j’ai pu lire ça et là…
      L’esprit de compétition n’aide clairement pas, puisqu’on est toujours dans la représentation, on surjoue son rôle.
      Après, la gestion à la maison, c’est une autre paire de manches… Mais c’est chouette aussi ! :)

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