Irlande #4 : du far west irlandais à l’île fantomatique d’Achill

Difficile de quitter le Donegal après l’étape de la veille. Sortir de Sligo est un enfer de mauvaises routes et de bouchons dans des travaux non annoncés ; pourtant le Mayo a quelques beaux paysages à nous offrir. Le but de la journée ? Découvrir l’île d’Achill et prendre notre temps pour descendre à Westport, notre étape pour la nuit.

La route va nous faire prendre du retard, donc. Mais c’est pour nous en mettre plein la vue lorsque l’on atteint enfin le Ballycroy National Park.

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Les parcs d’Irlande ne sont pas que des paysages ; ils sont aussi traversés par ces routes infernales à prendre mais superbes à regarder. Et chaque virage apporte son lot de surprise. Ce matin-là, on a un peu l’impression d’avoir été parachuté ailleurs, sans savoir trop où.

C’est beau, c’est vide, c’est impressionnant d’espace libre. On a envie de rester là, d’attendre de voir passer des buissons en flamme et des troupeaux de chevaux sauvages.

Mais plus on avance vers la péninsule et l’île d’Achill, plus le paysage change vite pour enchaîner d’autres cartes postales.

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Les kilomètres se bouffent les yeux grands ouverts. En s’arrêtant tous les 200 mètres.

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Et voilà enfin Achill. Une île bien étrange…

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Une île rattachée par un pont tourné et un supermarché, balancé en travers de la route comme la zone d’une ancienne cité balnéaire abandonnée. Achill nous accueille avec de jolies plages vides, et un cœur mort. Même les vagues ne semblent pas vouloir battre la mesure. Sur la route s’amoncellent de vieux bâtiments vétustes, et quelques magasins de souvenirs gisants sous les pancartes délavées. Comme si l’île avait fleurit, puis desséché.

Puisque c’est de circonstance, on part errer derrière la colline dans le village fantôme de Slievemore. De vieux cottages en ruine, bâtis dès le 12ème siècles puis utilisés comme bergeries,  s’entassent sur un versant, à distance respectueuse de la mer.

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Il bruine furieusement, mais les pierres nous abritent encore jusqu’à ce que le ciel s’éclaire.

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J’aime être perdue sur ce versant, juchée sur les murets qui strient la colline. Il n’y a presque personne ; le vent s’est calmé, la pluie aussi. Achill déroule ses reliefs paisibles jusqu’à la mer.

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On grignote un curry délicieux dans une des seules gargote ouverte dans un village avoisinant. L’endroit ne paye pas de mine, mais comme presque partout où nous mangeons en Irlande, les produits sont simples, de très très bonne qualité à en faire rougir les trois quarts de nos brasseries françaises, et bien relevés.

Le calme est de courte durée. Lorsque l’on reprend la route, le vent balafre les côtes de traits de pluie horizontaux. Les ports de pêche s’ennuient tout au bout de villages qui n’ont pas le courage d’aller jusqu’à la mer.

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Brutalité du temps ; l’Atlantic Drive que l’on emprunte pour quitter l’île par le sud a des faux airs de Slieve League. Le vent a décidé de nous prouver qu’il allait falloir ingurgiter plus d’Irish Fry. Nous en prenons bonne note, et nous accrochons sagement aux portières pour prendre quelques photos.

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Pas fous, les moutons se cachent dans les ornières et sous les talus, et nous regardent passer avec l’air vaguement condescendant.

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Tant pis, la côte est trop belle. On s’aventure un peu.

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Il est temps de quitter l’île Achill et son air de bout du monde, de redescendre de ses falaises pour filer vers Westport où nous attend un très chouette B&B à Rosbeg, dans la baie.

Trempés, on se réfugie dans un pub aux allures de chaumière, le Cronin’s Sheebeen. Un joli feu, une équipe sympathique et une nourriture absolument délicieuse, c’est un pub charmant, assez classe et vraiment bon, que l’on vous conseille si vos pas vous y mènent. Vous avez faim ? Les entrées au saumon fumé ou le fromage de chèvre frit sont à tomber. L’agneau est tendre à souhait, l’assiette pleine de légumes variés ; les pâtes aux coquillages valent le coup de fourchette. Le weekend, des groupes de musique s’y produisent, et l’ambiance doit être encore plus agréable.

La prochaine étape ? Le Connemara.

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