Mappemonde

Un battement, et rien d’autre que ça, rien d’autre que ce mouvement lent qui marque et abîme. Sur ton corps les griffures sinueuses soulignent les côtes, coulent le long de l’échine, s’élargissent sur les hanches. Tu fais de ta propre peau un costume. Ce qui dépasse de tes manches, ce qui se faufile sous le col, ce que l’on remarque à peine autour de tes chevilles ; cachées pour ressortir. Certains aiment la douceur du pinceau, toi tu marques, tu t’accroches, tu exploses et tu explores l’espace entre tes clavicules et tes épaules, au fond de ta cage thoracique, quelque part derrière les genoux, chaque petit morceau où la douceur essaye encore de se loger. Tu cherches le froid et la vengeance, la solitude et l’oubli, et comme une évidence, des mains habiles pour colorer les cartes que tu ne cesses de dessiner.

Des mains douées, un peu rugueuses, un peu soignées, qui n’hésiteraient pas à chaque carrefour, qui sauraient d’elles-mêmes reconnaître le chemin que tu as caché sous les ramures et les écorces.

Ce que tu cherches, c’est ton point cardinal ; pour continuer à tracer d’autres routes, chérir de nouvelles blessures, tomber dans des ravins immenses où seul ton souffle répond au silence.

Il n’y a pas de honte ; il n’y a pas de souffrance. Il n’y a que les brûlures au bout de tes doigts qui ne bougent pas, et ce poids sur ta poitrine. Tu respires à petites lampées, à peine suffisantes pour ne pas tourner de l’œil ; et ton souffle s’échappe comme un battement sourd, le même que celui qui affole ton cœur, résonne dans ta tête, et fait tomber les murs un par un.

Ce que tu cherches, ce n’est pas la solitude, c’est l’errance.

Marotte & printemps

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J’ai une nouvelle marotte, avec le temps que j’arrive à chiper ces jours-ci : la vidéo. C’est un sacré défi, pour une taupe comme moi, d’essayer de bidouiller sans l’AF. Et puis la stabilisation avec un appareil photo, c’est parfois assez épique.

Alors je bidouille, j’essaye, je me plante. Je teste et je découvre. C’est encore très loin d’être passable à défaut d’être bon, mais je m’amuse et je me crée des souvenirs.

Au fait, ça ne sentirait pas un peu le printemps ?